02/06/2009

Chronique de François Ribailly

 

CHRONIQUE DE FRANCOIS RIBAILLY
sur le site de l'@erobibliothèque
 

 

arton2445La Grande-Bretagne n’est, paraît-il, plus une île depuis qu’un certain Louis Blériot s’y est posé en 1909. En fait, par voie aérienne, d’autres avaient déjà rallié Albion en ballon dès 1785. Mais voilà, entre ces deux modes de transport aérien, il restait une niche à explorer : la traversée de la Manche avec un ballon dirigeable à… propulsion musculaire ! Et Stéphane Rousson s’y emploie depuis qu’il a perdu son emploi dans l’aéronautique fin 2001. L’homme ne faisant pas les choses à moitié, il s’entoure peu à peu d’une brochette de soutiens financiers, moraux et pratiques et progresse petit pas après petit pas, au point qu’en 2008, il tente de traverser le Channel.

Stéphane n’étant pas écrivain, c’est Laurence Latour qui nous rapporte cette expérience tant technique qu’humaine dans un ouvrage au léger parfum de poésie, mais surtout en sachant nous faire toucher du doigt en quoi ce projet digne de la corde raide est à la croisée d’une foule de paramètres plus exigeants les uns que les autres. Le tout est complété par un DVD de 21 minutes dont la seule mission est de témoigner, non d’expliquer.

Aussi, nous conseillons-vous de lire le livre et, une fois arrivé aux témoignages, de vous tourner vers le support numérique. Ensuite, vous pourrez découvrir le dernier tiers du support papier, lequel regroupe les avis et motivations des sponsors mais aussi ceux de personnalités plus aéronautiques comme Gérard Feldzer (directeur du Musée de l’Air) ; ou le suisse Yves Rossy qui, presque au même moment, "joue" à Rocketeer durant dix minutes quand Stéphane pédale huit heures durant.

L’ouvrage assurément est là pour nous faire voyager autrement : point de pinaillage historique, de savant discours scientifique, mais 84 pages (dont près de la moitié consacrée à des clichés bien léchés), au ton bien personnel et à la force d’évocation particulière : ce n’est pas une légende du ciel, et pourtant vous vous prendrez sans doute soit à vouloir être à la place de Stéphane Rousson, soit à vous laisser gagner par un profond respect devant sa ténacité, moteur encore plus indispensable que ses jambes. Car le point fort de ce livre est d’être au rythme de ce croiseur à pédales : il nous donne une autre dimension du temps, chose que les journaux télévisés ne savent pas faire. Et une belle leçon de morale et de philosophie sur la valeur de l’entreprise humaine.

François Ribailly

Source: http://www.aerostories.org/~aerobiblio/index.php

 

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21:29 Écrit par Laurence Latour | Lien permanent | Commentaires (0)