16/09/2008

Article paru sur RFI Sciences



A Paris, la fête des Transports durables bat son plein

par Agnès Rougier
Ballon à pédales.

(Photo : Agnès Rougier/ RFI)

Ballon à pédales.
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)


Depuis le 12 septembre, la place du Trocadéro, à Paris, rend hommage aux « véhicules propres ». A l’occasion de la Fête des transports et de la mobilité 2008, un événement organisé en partenariat avec le ministère du Développement durable, l'association Transport Passion a réuni inventeurs et constructeurs de renom pour qu’ils exposent, toute la semaine, différents véhicules qui roulent, volent ou flottent grâce aux énergies renouvelables. Cette quatrième édition de la Fête des Transports et de la Mobilité durables 2008 marque l'ouverture de la « Semaine Européenne de la Mobilité », qui commence, quant à elle, le 16 septembre prochain.

Un canoë solaire...

Christian de Gélis est arrivé avec le Photon, son canoë solaire en aluminium, posé sur le toit de sa voiture. Ce bateau, qui avance sans ramer, est très léger (30 kg) et conçu pour être rapidement et aisément débarqué. Deux roues de vélo permettent à une personne seule de le mettre à l'eau ou de l'en sortir en 30 secondes. Les 3 panneaux solaires qui sont posés sur le bateau sont les pièces les plus fragiles du bateau : attention aux rapides, qui feraient chavirer le Photon !
Canoë de gelis(Photo : Agnès Rougier/ RFI)

Canoë de gelis
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)

Pourtant, Christian de Gélis a circulé plus de 450 kilomètres sur la Loire et ses affluents, sans aucun problème, et même, avec un grand bonheur. Car la principale qualité du Photon, c'est de permettre de se déplacer en silence. C'est d'ailleurs ce qui a poussé l'inventeur à la création. Christian de Gélis, ingénieur à la retraite, a un hobby : l'observation des animaux sauvages et des oiseaux en particulier. Et le Photon lui permet d'approcher la nature à l'oeuvre en toute discrétion, il peut ainsi filmer discrètement la vie au bord des fleuves, pour son plus grand plaisir.

...et un ballon à pédales !

Juste à côté du canoë, s'élève un ballon dirigeable blanc, monoplace, qui mesure 16 mètres de long, pèse à vide 80 kg, et qui se propulse comme un vélo. Gonflé à l'hélium, le dirigeable de Stéphane Rousson décolle et vole effectivement à la force des mollets ! Ce sont les pédales, situées sous la nacelle, qui font tourner les deux hélices de 3 mètres de diamètre, de part et d'autre du ballon. En vitesse de croisière, le ballon vole à 15 km/h.

En 2000, Stéphane Rousson avait fini ses études de pilote, mais la conjoncture des transports et le prix du kérosène, l'ont poussé à réaliser son rêve d’enfant: voler dans un dirigeable à pédales !
Ballon à pédales, vue de la nacelle.(Photo : Agnès Rougier/ RFI)

Ballon à pédales, vue de la nacelle.
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)

 

Stéphane Rousson va tenter, cet automne, de traverser la Manche. Il a déjà fait une tentative au printemps dernier, mais la météo n'a pas été suffisamment clémente. En effet, piloter ce ballon requiert subtilité et météo parfaite, car le vent est son pire ennemi. Souhaitons donc à Stéphane Rousson les meilleurs conditions climatiques et de robustes mollets, car s'il s'arrête de pédaler, le dirigeable descend, tout simplement...

Et l'électricité, une bonne solution ?
Voiture à pédales, réplique de la «Jamais contente».(Photo : Agnès Rougier/ RFI)

Voiture à pédales, réplique de la «Jamais contente».
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)

A côté du canoë solaire, des voitures à pédales et des éoliennes, on trouve également toutes sortes de véhicules à propulsion électrique. Les grosses sociétés de transport sont également présentes : Alsthom  a apporté une rame de tramway, la SNCF a monté des caténaires et la Poste présente ses voitures électriques.

 
Voitures rouge et jaune à pédales.(Photo : Agnès Rougier/ RFI)

Voitures rouge et jaune à pédales.
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)

Mais l'électricité peut-elle être considérée comme une énergie renouvelable, et durable ? A l’heure où le pétrole est terriblement onéreux pour le consommateur (sans augurer des augmentations dues à la rareté future), où le réchauffement du climat est à la fois avéré et trop rapide pour être maîtrisé, l'électricité est présentée comme la solution à tous les problèmes.

Quant au nucléaire ? ...

Pour autant, faut-il oublier la pollution longue durée que représentent les centrales nucléaires? On compte pas moins d'une cinquantaine de réacteurs sur le sol français. Contrairement aux raffineries d'hydrocarbures, la centrale nucléaire produit effectivement de l'énergie sans augmenter l'effet de serre, mais le carburant et les effluents radioactifs des centrales ainsi que les bâtiments eux-mêmes représentent une pollution léguée à nos arrière-arrière-...-petits enfants, puisqu'il s'agit de plusieurs millions d'années de demi-vie pour des éléments mortellement radioactifs.

Il est donc indispensable d'intégrer ces paramètres dans les choix énergétiques du futur.
Et la première solution consiste évidemment à réfléchir à nos déplacements pour les optimiser et réduire au maximum l’utilisation de la voiture -en passant, par exemple, de l'individuel au collectif et en privilégiant le co-voiturage. En ville, 90% des déplacements automobiles sont inférieurs à 3 kilomètres, fait remarquer Gérard Feldzer, président de Transport Passion et organisateur de la manifestation parisienne, pour lequel toutes les solutions méritent d’être étudiées de près et les inventeurs d’être écoutés.

21:25 Écrit par Laurence Latour | Lien permanent | Commentaires (0)