30/08/2008

 

 

 Manifeste

photo laurence latour


 Dungeness - 10 juin 08, première tentative

 

  

 

MANIFESTE UTOPISTE

 

 

 

Hier j’ai failli abandonner

cette histoire de ballon et de pédales.

C’est pas rien d’écrire un bouquin

sur un fou volant mine de rien.

Ecrire c’est passionnant bien sûr

- jusqu’à l’arrivée des factures...

C’est curieux comme les doutes

arrivent toujours avec les factures,

c’est comme le boudin,

il est super ponctuel,

il débarque toujours à Noël

avec les crèches, le petit Jésus

et la messe de minuit.

 

Les factures font perdre

le goût de la rêverie,

les factures nous ramènent

à la raison qui elle-même

nous éloigne de nous-même.

 

A la saison des factures,

si on s’obstine sur une voie

qui semble hors piste

on finit par se demander

à quoi ça sert :

A QUOI CA SERT

un ballon à pédales ?

A QUOI CA SERT

de traverser la Manche

avec un ballon à pédales ?

 

Hé bien, ça ne sert à rien,

CA NE SERT STRICTEMENT A RIEN

et c’est précisément ça

que je trouve merveilleux:

ça ne sert strictement à rien.

 

Aujourd’hui en Occident,

on se doit d’être performant,

efficace et rentable,

c’est la norme,

la condition sine qua non,

sinon on vexe le sacro-saint

rapport qualité/prix

et ça ne se fait pas

quand on est poli.

 

Un jour peut-être dans les entreprises

on finira par calculer le temps imparti

pour les pauses pipi au prorata

de l’autonomie personnelle

de chaque « membre du personnel » :

Alain, 1m 80, 35 ans aura droit

à deux fois 2 minutes par jour et Sandra,

1m63, 53 ans, pourra satisfaire ses besoins naturels

à raison de 3 fois 2 minutes par jour.

Pour les pauses cigarettes

on aura sûrement plus de temps

puisque cela rapportera de l’argent

aux puissants fabricants.

 

J’exagère évidemment, j’exagère...

je l’espère profondément.

 

J’aime les fous volants, les poètes,

les profs et les employés de banque

qui parviennent à garder le cap

au milieu de ce monde

en proie au déni de Vie,

chez nous les gens meurent d’obésité

quand de l’autre côté,
des enfants de 6 ans

travaillent 12 heures par jour

dans une mine noire de mort

pour gagner juste assez d’argent

pour survivre un jour de plus. 

Quelle absurdité.

 

Voyager à la Lisière de l’Utopie

c’est vivre éveillé à la frontière du Monde,

à la frontière de tous les mondes,

visibles et invisibles,

palpables et indicibles.

 

Voyager à la lisière de l'Utopie

c’est marcher sans filet

vers son bonheur intérieur

pour qu'il déborde au point

D'INVESTIR LE RESTE DU MONDE

 

29 août 08

08:48 Écrit par Laurence Latour | Lien permanent | Commentaires (0)

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